LE CARNET D'UN VOYAGE AUTOUR DU MONDE.............  
 
   
 
Avec le carnet de voyage, nous vous offrons la possibilité de suivre notre aventure à travers ces lettres postées sur notre site internet tout au long du voyage. N'hésitez pas à laisser des commentaires à nos lettres, nous les lirons avec attention. Les menus à gauche peuvent vous permettre de retrouver des lettres en fonction du pays dans lequel elles ont été envoyées et en fonction de la date d'envoie. Bonne consultation !
 
 
   
   
   
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Le 27 Mars 2007  
  Puerto Natales, Chili
 
Terre de Feu et Patagonie Chilienne
 
Nous avons passé quelques jours à Ushuaia, c’est une ville qu’on aime ou qu’on n’aime pas. Son statut de ville de « bout du monde » lui fait un peu de tort, en effet, l’afflux de touristes du monde entier dénature un peu l’ambiance et la concentration d’auberges et de magasins de souvenirs est un peu exagérée. Cependant, ses montagnes, son port et ses maisons colorées nous rappellent qu’il s’agit bien d’une ville au climat austral et que la vie ici n’est pas si simple…

D’Ushuaia, nous sommes allé camper deux jours (il n’est pas autorisé plus), dans le Parc National de la Terre de Feu. Le premier jour, la pluie nous a rattrapé, nous avons donc longé la fin du canal Beagle avec le complet Gore-tex ! Heureusement, grâce au vent patagonien, le temps change rapidement et à 14h nous faisions sécher les sacs au soleil ! Le Parc de la Terre de Feu est très différent de la Patagonie steppique du nord-est. Ici, nous marchons dans des forêts de Lenga et de Coihue qui ressemblent à des bonzaïs géants. Il y a de nombreuses lagunes et rivières où les castors viennent construire leurs barrages et enfin de grands fjords avec pleins de petites îles… Nous avons campé dans la baie de Lapataia où plusieurs petites lagunes se rejoignent, un vrai paradis pour les pêcheurs et les lapins (ces derniers furent malencontreusement introduits dans le Parc il y a quelques années et sont aujourd’hui des milliers…).

Après cette petite escapade « au bout du monde », nous sommes remontés dans le bus pour se diriger vers le Chili (le bateau étant une option trop chère pour notre porte-monnaie). De nouveau 14h de voyage pour sortir de la Terre de Feu pour rejoindre Punta Arenas et enfin Puerto Natales. Ce petit port chilien est le point de départ pour le Parc National « Torres del Paine », nous y trouvons une sympathique petite auberge, où nous sommes quasiment les seuls hôtes (la fin de la saison touristique étant bientôt là). Nous avons laissé quelques affaires à Puerto Natales, afin de partir « léger » pour faire le fameux « W » du Parc, un trek de presque 80km sur 4 jours très fréquenté. Les voyageurs que nous avions croisés à Ushuaia nous avez parlé du pire au niveau des conditions météo, on peu dire que nous avons été chanceux : un peu de soleil tous les jours et du vent avec modération ! Enfin seulement 45 km/h et bien plus en rafales.

Le premier jour (19km), nous sommes montés directement au camp de base des tours du Paine, que nous avons vu entre deux nuages ! (voir photos) Le second jour, nous avons gambadé 22km le long d’immenses lacs pour atteindre la Vallée des Français et le camp Britanico. (voir aussi les photos) Le troisième jour, nous avons péniblement (pour certains) parcouru de nouveau 24km pour arriver au pied du glacier Grey (voir encore les photos :) et le dernier jour, nous sommes redescendus sur le lac Péhoé (14km), pour prendre un bateau et rentrer sur Puerto Natales, « bien content de l’avoir fait » !

Là bas, nous avons retrouvé notre petite auberge sympathique, avec de bons lits douillets et une cuisine pour se faire de gros steaks ! Aujourd’hui, c’est notre journée de repos, nous avons trié les nombreuses photos de ces derniers jours (d’où cette nouvelle « newsletter »). Demain, nous prévoyons de repartir (et oui déjà !), car la route est encore longue jusqu'à Santiago…
 
 
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Le 18 Mars 2007  
  Ushuaia, Argentine
 
Descente dans le grand Sud argentin
 
La fin de notre séjour en Bolivie se résume par un long trajet en train de Uyuni à Villazon. Dix heures de voyage à bord du Wara Wara del Sur, alors que nos bagages sont embarqués dans les wagons de l’Expresso del Sur… Qu’importe, à l’arrivée à Villazon tout le monde est là et il ne nous reste plus qu’à traverser la frontière pour Argentine. Durant cette journée du 3 mars, nous avons battu notre record de déplacement : 11 heures pour parcourir 200 mètres, une journée entière de file d’attente pour passer la frontière entre la Bolivie et l’Argentine. Des milliers de boliviens se rendaient en Argentine, et quelques touristes étaient perdus au milieu… Nous avons rencontré un couple de français coincés dans la même galère que nous, l’attente paraît moins longue en leur compagnie. Vers 19 heures, nous obtenons le fameux coup de tampon sur nos passeports, reste la fouille des sacs à la douane, et de nouveau la queue. Blasés par l’inertie générale, nous avons pris nos jambes à nos cous et au diable la fouille des sacs ! Entièrement débordés par le monde, les douaniers n’ont rien remarqué.

Nous nous sommes arrêtés pour manger et dormir au premier village argentin : « La Quiaca ». La transition est quasi immédiate, nous sommes en Argentine ! Le niveau est bien plus élevé qu’en Bolivie, le métissage est bien moins prononcé que dans les pays voisins, on se croirait presque en Europe. Toutefois une caractéristique les distingue de nous : leur gentillesse inégalable. De La Quiaca, nous achetons un ticket de bus pour Cordoba. En attendant le départ, nous nous rendons dans le petit village voisin de Yavi pour se dégourdir les jambes dans la Sierra toute proche.

Le trajet jusqu’à Cordoba marque le début de nos longs périples en bus : 20 heures pour parcourir 1500 Km. Or cela n’a rien à voir avec un voyage en VFD, en Argentine les bus sont immenses avec toilettes, sièges couchettes et repas servis à bord ! À Cordoba, notre amie Émilie (que nous avions connu en Bolivie) nous attend à la gare routière. Cordoba est la seconde ville d’Argentine après Buenos Aires, cette ville de plus d’un million d’habitants est vraiment charmante, on pourrait facilement s’y installer… Émilie qui a vécu ici plus de huit mois nous emmène au bord d’une rivière en amont de la ville. Il est coutume pour les Argentins de sortir en famille le week-end pour manger un asado (barbecue) au bord de la rivière. Nous rencontrons ainsi la famille Toledo chez qui Émilie loge depuis quelques mois, des gens adorables, ouverts et curieux de nous voir voyager loin de nos familles.

De Cordoba, Claire prend un avion pour La Paz, afin de rejoindre Myriam, une amie de Grenoble en voyage en Bolivie. Elle peut ainsi récupérer son appareil photo et boucler la boucle. De leur côté, François, Jeremie et Émilie se rendent dans la Cumbre, une région non loin de Cordoba. Ils se rendent au village de la Cumbrecita, qui fut à leur grande surprise un lieu de refuge pour les nazis ayant réussi à s’échapper de l’Europe. Aujourd’hui encore il semblerait que leurs convictions et leur mode de vie n’aient peu évolué… Heureusement cela n’empêche pas les gars et Émilie de camper et de passer deux jours tranquilles dans la montagne. De retour Cordoba, ils sont invités à partager un asado chez des amis d’Émilie, un après-midi entier voué à engloutir de la viande. De son côté Claire arrive tant bien que mal à La Paz avec 12 heures de retard. Elle récupère son appareil photo et repart le lendemain pour Cordoba. Mais les choses ne se passent pas aussi simplement : au lieu d’arriver sur Cordoba, Claire arrive à Buenos Aires. Dans nos projets, nous devions rapidement filer vers le Sud. Par conséquent, nous décidons de nous retrouver tous les trois à Puerto Madryn, 20 heures de bus chacun de notre côté, pour arriver aux portes de la Patagonie.

De nouveaux ensembles, nous poursuivons notre périple. La région de Puerto Madryn est réputée pour ses colonies de pingouins, otaries, éléphants de mer et orques. Nous fuyons les tours organisés et louons des VTT pour nous rendre dans les réserves. Punto Lumo est la plus proche, 20 Km, de là nous avons la chance de voir une colonie d’otaries. Le temps est radieux, l’automne est proche. Nous continuons notre route vers le Sud pour visiter le tout jeune parc de Monte Leon, et commencer à goûter à la vie plus tranquille du camping… Contraints de louer une voiture pour entrer dans le parc (c’est un comble), nous avons au moins le privilège de nous retrouver seuls au milieu des 60 000 hectares de steppes du parc. La partie côtière est la plus intéressante, nous y observons notre première colonie de pingouins venus pour pondre, anis que quelques lions de mer et otaries. Sur la terre, les guanacos (lamas sauvages) et les autruches se partagent le territoire. Notre première nuit de camping en Patagonie se passe pour le mieux, il fait toujours aussi beau et il n’y a presque pas de vent. Le lendemain, après avoir rendu la voiture, nous prenons un bus pour Rio Gallegos. De là, nous attendons la prochaine correspondance pour la Terre de Feu et Ushuaia, ville la plus australe du monde.

La route pour descendre vers Ushuaia est plutôt atypique : 14 heures pour parcourir 564 Km, ainsi que deux frontières et le détroit de Magellan à traverser. Heureusement l’équipe des chauffeurs du bus était plutôt joviale et l’arrivée sur le port d’Ushuaia s’effectue à grands coups de musique de carnaval. Il est 22 heures quand nous entrons dans seul pub de la ville et quelle surprise, nous sommes le soir de la Saint Patrick !
 
 
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Le 2 Mars 2007  
  Uyuni, Bolivie
 
Découverte du Sud de la Bolivie
 
Le Carnaval nous a bloqué à la Paz plus de temps que prévu. Nous avons néanmoins trouvé de quoi nous occuper : visiter la Vallée de la Lune. Cette dernière est un site remarquable présentant des badlands formés sur un ancien fond lacustre. Le site, selon certaines sources, subirait une érosion de 10cm par an. A ce rythme là, tout devrai disparaître d’ici quelques dizaines d’années…

À la fin des festivités de Carnaval, nous pouvons enfin prendre notre bus pour Sucre. Le voyage de 14h s’effectue de nuit et nous mène sans encombre à destination. La ville de Sucre a été entièrement inscrite au patrimoine culturel de l’UNESCO en 1991 en raison de son architecture coloniale de toute beauté. Non loin de cette paisible ville blanche, se trouve le site de Cal Orcko. Ce dernier, situé dans une carrière de ciment, semble avoir été fréquenté par de gros animaux écailleux il y a 60 millions d’années : on y observe aujourd’hui de très nombreuses traces de pas de dinosaures. En revanche, nous avons davantage été marqués par le restaurant de l’Alliance française qui propose des repas gastronomiques et plutôt abordables. Nous devons hélas quitter Sucre pour aller en direction de Potosi.

Potosi est une ville qui vit encore de sa splendeur passée en raison de ses richesses minières. En effet, elle était la ville la plus riche d’Amérique latine vers la fin du 18ème siècle. Ses ressources en minerai argent étaient tellement importantes que, selon un dicton populaire, cela aurait permis aux espagnols de construire un pont d’argent jusqu’en Espagne et d’en emporter encore un peu en partant. Les mines d’argent, encore en activité, constituent aujourd’hui une attraction touristique. Nous ne les visitons pas car il nous paraît difficilement acceptable de faire de la misère des mineurs un produit touristique. Nous partons plutôt nous baigner dans les eaux chaudes du cratère del Ojo del Inca, dans la région de Tarapaya. De retour à Potosi, nous prenons un bus pour Uyuni.

Le trajet se déroule dans un décors semblable parfois à la Vallée de la Mort, parfois à la Vallée du Dadès. Les paysages magnifiques nous rivent à la vitre du bus durant les 7 heures de trajet et nous font oublier la route caillouteuse et poussiéreuse.

Uyuni est une petite ville peu attrayante de 14 000 habitants. Elle reste néanmoins le point d’accès le plus pratique pour visiter le Salar du même nom et la région volcanique de l’extrême Sud-Ouest de la Bolivie. Il est en effet difficile de s’aventurer dans cette zone réputée comme une des plus rudes du monde en raison de son altitude élevée et de son climat difficile. Nous partons donc trois jours pour visiter la région par le biais d’une agence locale.

Nous débutons par la traversée du Salar réputé pour être le plus grand du monde avec une superficie de 12 106 km2. Le temps est splendide, nous sommes plutôt chanceux car une partie du Salar est inondée en raison des précipitations importantes des dernières semaines. Après une halte à la Isla del Pescado, île volcano-coralienne perdue dans un océan blanc et peuplée de cactus géants, nous poursuivons notre chemin à l’écart du Salar pour rejoindre notre lieux de campement à St Juan, au milieu des plantations de quinoas. Le lendemain nous partons vers l’Ouest en direction du volcan Ollagüe, l’un des plus actifs de la région, situé à cheval sur la frontière Boliviano-Chilienne. Notre itinéraire bifurque ensuite vers le Sud pour traverser des terres encore plus sauvages en passant par des lacs riches en minéraux, sites de prédilection de nombreux flamants roses des Andes et du Chili. Après une longue route cahoteuse, nous atteignons la célèbre Laguna Colorada dans la réserve naturelle Eduardo Avaora, où nous passons la seconde nuit. Nous nous levons le lendemain à 4h du matin car une longue journée nous attend. Nous nous dirigeons dans un premier temps vers un champs de fumerolles perché à 4 900 mètres d’altitude. Hélas, le Soleil n’est pas encore levé, toute tentative de prise de vue est inutile… Nous redescendons alors en direction du « Sol de Mañana », pour nous baigner au lever du Soleil dans une eau thermale à 40°. Après un petit-déjeuner, nous continuons notre route en traversant le Désert de Dali, appelé ainsi en raison de son surréalisme, pour atteindre enfin la Laguna Verde, située au pied du volcan Licancabur. Nous roulons jusqu’à la frontière chilienne avant de rentrer à Uyuni. Ce long retour est agrémenté par la visite de la Valle de las Rocas.

Notre route va maintenant se poursuivre vers l’Argentine…
 
 
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